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Archive for the ‘International’ Category

Blogs français hébergés aux États-Unis, un casse-tête juridique ?

27 septembre, 2009 Jérôme 11 commentaires

L’autre jour a été posée sur le blog de :: S.I.Lex :: la question de l’application du fair use que connaît le droit d’auteur américain à un blog écrit par un Français mais hébergé aux États-Unis. En d’autres termes faut-il appliquer le droit américain ou le droit français à un blog français hébergé à l’étranger ? Cette question est loin d’être hypothétique puisque les blogs hébergés sur WordPress et Blogspot sont hébergés sur des serveurs se situant aux États-Unis. Ce n’est sans doute pas tant des considérations juridiques mais bien pratiques qui ont présidées à ce choix. Voyons maintenant quelles en sont les conséquences sur le droit d’auteur.

Partons dans un premier temps du principe que les textes et les illustrations en cause sont protégées par le droit d’auteur. En effet toute œuvre n’est pas protégeable. Il faut pour se faire qu’elle soit originale et donc soit marquée de l’empreinte de leur auteur. À défaut d’originalité une oeuvre ne peut être protégée et peut donc être reprise sans problème. C’est le cas également des textes tombés dans le domaine public. Lire plus…

Facebook et vie privée : l’apport canadien

28 août, 2009 Jérôme Commentaires désactivés

Suite à une plainte déposée fin mai 2008 par la Clinique d’intérêt public et de politique d’Internet du Canada (CIPPIC), la Commissaire à la protection de la vie privée du Canada une enquête à été ouverte sur les pratiques de Facebook. La plainte contre Facebook visait différentes questions allant de la collecte de la date de naissance au moment de l’inscription à la communication de renseignements personnels à des tiers développeurs d’applications.

L’instruction de la plainte et le recueil d’observations auprès de Facebook a mis 9 mois. Le commissariat a rendu un rapport préliminaire aux deux parties fin mars 2009. 20 recommandations ont été émises à cette occasion. Lire plus…

Un jugement pour fan de Superman !

21 mai, 2008 Jérôme 2 commentaires

Le droit comparé réserve parfois des surprises étonnantes. Ainsi l’auteur d’une chronique sur le droit anglo-américain du copyright fait état d’un jugement rendu par la Cour de district pour le district central de Californie le 26 mars 2008.

Je ne vais pas entrer dans les détails de cette affaire qui oppose depuis très longtemps Jerry Siegel et Joe Schuster créateurs de Superman et l’éditeur de ses aventures. Ce n’est pas que la solution retenue par la Cour est inintéressante mais le grand public n’y verra au final que peu d’intérêt.

En revanche, l’intérêt du grand public et plus particulièrement des amateurs de comics pour ce jugement de près de 90 pages (pdf en anglais), résidera dans la présence, en annexe, du n°1 d’Action Comics daté de juin 1938 dans lequel figure la première aventure de Superman. À noter que l’histoire, en couleur, est complète. L’ajout en annexe d’un jugement d’un tel document est à ma connaissance inédit en droit français.

Pour les fans de Superman c’est je pense un document à mettre de côté, comme une curiosité !

Le site de la BBC fait peau neuve !

7 mars, 2008 Jérôme Commentaires désactivés

Utilisateur depuis longtemps du site de la BBC j’ai remarqué il y a quelques jours une nouvelle page d’accueil.

bbc

C’est tout simplement beau. Les différentes rubriques peuvent être déplacées par glisser-déposer grâce à la programmation qui fait appel à l’ajax. Les couleurs et les rubriques à afficher sont également personnalisables.

Les sites des chaînes télévisées et radio françaises font pâle figure à côté de ce beau site, par ailleurs très riche en contenu !

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La Convention de Vienne et l’Internet

10 décembre, 2007 Jérôme 1 commentaire

La convention de Vienne du 11 avril 1980 sur les contrats de vente internationale de marchandises s’applique t-elle en cas d’achat par Internet ?

Avant de répondre à la question il est nécessaire de présenter en quelques mots cette Convention. Elle a vocation à s’appliquer à tous les contrats de vente internationales de marchandises sauf si les parties au contrat en disposent autrement. Il faut en effet une disposition expresse dans le contrat pour pouvoir en écarter l’application.

Cette convention se substitue aux droits nationaux dont relèvent les parties. Cela veut dire que la convention réglemente l’ensemble des aspects du contrat : le fond et la forme, indépendamment du droit des Etats. Il s’agit de ce que l’on appelle le droit uniforme.

La convention a pour vocation à s’appliquer en cas de vente de marchandise. Par conséquent, en cas de prestation de service, elle ne s’appliquera pas (art. 3). L’article premier précise par ailleurs les cas où la convention s’applique :

  • il faut que les États où se situent les parties aient ratifier la convention : ils sont actuellement au nombre de 70. Par exemple, le Brésil n’a pas, encore ratifié cette Convention.
  • que les règles du droit international privé conduisent à appliquer la loi d’un État.

L’internet n’étant qu’un moyen de communication, la convention de Vienne a bien entendu vocation à s’appliquer si les conditions posées au chapitre 1 sont remplies. En effet, la Convention de Vienne ne s’applique pas aux ventes :

  • si les marchandises [sont] achetées pour un usage personnel, familial ou domestique, à moins que le vendeur, à un moment quelconque avant la conclusion ou lors de la conclusion du contrat, n’ait pas su et n’ait pas été censé savoir que ces marchandises étaient achetées pour un tel usage ;
  • aux enchères ;
  • sur saisie ou de quelque autre manière par autorité de justice ;
  • de valeurs mobilières, effets de commerce et monnaies ;
  • de navires, bateaux, aéroglisseurs et aéronefs ;
  • d’électricité.

Le premier point est le plus intéressant : la Convention de Vienne ne s’applique que dans les contrats de vente entre professionnels. Si un consommateur achète par exemple aux Etats Unis, cette Convention ne s’appliquera pas, sauf si le site Internet qui vend la marchandise ignore qu’il a affaire à un consommateur. Ce peut être le cas de l’achat d’un appareil photographique par un photographe professionnel.

Par ailleurs, ce n’est pas le type de marchandise qui est important au regard de la Convention mais l’intention qu’à l’acheteur (Bundesgerichtshof, Allemagne, 31 octobre 2001, Internationales Handelsrecht, 2002, 16.)

L’autre point important concerne les achats via enchères qui ne sont pas concernés. Il s’agit bien sûr des enchères telles que les pratiquent les commissaires priseurs en France. En d’autres termes, les achats via les plateforme de courtage comme Ebay ne relèvent pas de cette exception. De toute manière, un consommateur qui achèterait via une plateforme de courtage releverait des dispositions relatives aux achats personnels.

Les autres exceptions sont motivées par le fait d’éviter d’entrer en conflit avec des règles impératives d’États.

Pour conclure on peut dire qu’une personne achetant une marchandise pour son usage personnel ne sera jamais soumise à la Convention de Vienne. En revanche, un site de commerce életronique pourra, lui, y être soumis, à moins qu’il n’en décide autrement.