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Comment protéger efficacement une base de données

25 novembre, 2015 Commentaires fermés

Les bases de données sont partout. La quasi-totalité des sites internet en sont constitués, les entreprises possèdent toutes une base de données clients…. Ces bases de données ne sont pas toutes révolutionnaires mais certaines méritent une protection.

Je vais commencer par vous exposer les textes applicables à la protection juridique des bases de données avant de préciser comment appliquer efficacement ce texte à votre base de données.

Les textes protégeant les bases de données

Deux textes du code de la propriété intellectuelle protègent les bases de données.

Avant tout une définition : une base de données est définie par l’alinéa de l’article L.112-3 du code de la propriété intellectuelle comme « un recueil d’œuvres, de données ou d’autres éléments indépendants, disposés de manière systématique ou méthodique, et individuellement accessibles par des moyens électroniques ou tout autre moyen« .

Par ailleurs, comme le prévoit l’article L. 111-1 du code de la propriété intellectuelle, « l’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous ».

Une base de données peut donc être protégée par le droit général de la propriété intellectuelle. Lire la suite…

Sécurisez les données personnelles de vos clients !

23 novembre, 2015 3 commentaires

Traditionnellement, l’élément principal du fonds de commerce d’une entreprise est sa clientèle. Ce point de vue est d’autant plus important dans le commerce en ligne.

Les données, des clients en particulier, sont devenues le nerf de la guerre pour les commerçants en ligne.

Outre le risque de perte de données, cruciales, le manque de sécurisation des données personnelles présente pour vous un risque de contentieux.

La sécurisation du stockage des données personnelles

sécurisez vos données clientsLe stockage des données personnelles de vos clients doit être fait de manière sécurisée. En d’autres termes, les données personnelles que vous possèdez sur vos clients doivent être cryptées.

Un stockage en clair des données personnelles n’est pas conforme à l’article 34 de la loi de 1978 qui prévoit que le responsable du traitement des données en assure « la sécurité […], notamment, empêcher qu’elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisés y aient accès« .

Ainsi, si vos données clients sont stockées en clair, elles peuvent être déformées que ce soit volontairement ou involontairement. De plus, des tiers, non autorisés peuvent y avoir accès sans votre  autorisation.

Les tiers évoqués par le texte peuvent également être des salariés votre entreprise ou des sous-traitants. Ainsi, tous les salariés d’une entreprise ne sont pas censés avoir accès aux données clients.

Ne sont susceptibles d’avoir accès à ces données que les salariés en ayant besoin pour accomplir leurs tâches. Ainsi, par exemple, les salariés du service RH n’ont pas besoin des données clients et donc ne devraient pas y avoir accès.

Il faut dès lors mettre en place une politique de gestion des mots de passe d’accès aux données à protéger.

Quel risque en cas de défaut de sécurisation des données personnelles ?

Le fait de ne pas respecter les dispositions de l’article 34 de la loi de 1978 est une infraction prévue par le code pénal, l’article 226-17 en l’occurrence. La peine maximale encourue ? Cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende !

En plus de l’action pénale, vous risquez une procédure diligentée par la CNIL, sur plainte d’un client notamment.Votre entreprise peut alors être condamnée à une sanction pécuniaire.

Vous pensez que ce risque n’est hypothétique et ne concerne que les petites entreprises ? Une grande enseigne a récemment été épinglée par la CNIL [PDF] pour avoir conserver les données de ses clients sans protection suffisante, après reçu une mise en demeure n’ayant pas été entièrement satisfaite.

Bilan ? Une sanction pécuniaire de 50 000 euros et la publication de cette condamnation.

Je pense néanmoins que les risques les plus important dans le défaut de sécurisation n’est pas juridique.

Les deux risques majeurs sont :

  • le risque est la perte irréversible de données mais également
  • l’impact négatif sur l’image de l’entreprise.

Une telle négligence pourrait ternir durablement l’image d’une entreprise aux yeux de ses clients et prospects.

 

Noms de domaines descriptifs et concurrence déloyale

4 novembre, 2015 Commentaires fermés

Cet article est consacré à la question des noms de domaines descriptifs et de la concurrence déloyale.

Les noms de domaines descriptifs sont intéressants dans le cadre du référencement naturel d’un site internet.

La concurrence que se livrent les entreprises pour se positionner au mieux dans le cadre de leur référencement les amènent souvent à se disputer des noms de domaines très voisins, voire identique à une lettre près.

Quelle réglementation est applicable aux noms de domaine ?

La première question à se poser est de savoir quelle est la réglementation applicable en cas de dispute sur un nom de domaine descriptif.

Un néophyte serait tenté d’invoquer le droit des marques pour protéger le nom de domaine qu’il a déposé et qu’il entend protéger.

Las, il n’est pas possible de protéger automatiquement un nom de domaine au titre d’une marque.

En effet, l’un des critère de validité d’une marque est son caractère distinctif, ainsi que le prévoit l’article L.711-2 du code de la propriété intellectuelle.

Or, par définition, un nom de domaine descriptif d’une activité n’est pas distinctif : c’est tout bonnement l’inverse ! C’est d’ailleurs ce que recherchent les entreprises qui déposent ces noms de domaine.

La réglementation applicable aux litiges sur les noms de domaines descriptifs est simple puisqu’elle se résume à un article de loi : l’article 1382 du code civil.

Cet article dispose que :

Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.

C’est sur ce texte que repose l’ensemble du contentieux de la concurrence déloyale dont fait partie celui des noms de domaines descriptifs.

Quelle solution pour le contentieux des noms de domaines descriptifs ?

La solution retenue par les tribunaux et cours sur les différents contentieux ayant impliquer des entreprises titulaires de noms de domaines descriptifs est unanime : les noms de domaines descriptifs ne bénéficient d’aucune protection particulière.

C’est la solution retenue par la cour d’appel de Bastia dans un arrêt du 20 mars 2013. La cour a jugé que celui qui a enregistré le nom de domaine mariageencorse.com postérieurement au nom de domaine mariagesencorse.com n’a pas commis de faute. La cour ajoute que « même s’il existe une confusion dans l’esprit des internautes, les intimés ne peuvent valablement se prévaloir de la protection du nom de domaine, s’agissant d’un nom de domaine générique et descriptif de l’activité de la sarl Iris Media, dont, par ailleurs, la notoriété invoquée n’est pas démontrée, ni la preuve de la volonté de l’appelante, concurrente, de capter sa clientèle ou ses investissements ».

De même, dans  une décision rendue le 24 mai 2013, le tribunal de commerce de Paris a posé le principe selon lequel les titulaires de noms de domaine dont les termes reprennent la désignation nécessaire de leur activité « ne [peut] revendiquer une protection qui aboutirait à leur reconnaître un monopole d’utilisation d’un terme descriptif ».

Dans le cas présent, une société qui exploitait son site internet avec le nom de domaine suivant « e-obsèques.fr » a assigné le gérant du site internet exploité par le service municipal de la ville de Paris dont le nom de domaine est « i-obseque.fr« , sur le fondement de en concurrence déloyale.

Le tribunal de commerce de Paris a ainsi jugé que :

« l’adresse internet choisie par la société Le Passage pour exercer son activité est la juxtaposition du mot obsèques et de la lettre « e- » ;

Attendu que dans l’environnement internet, la lettre « e- » évoque le « e-commerce », terme désignant le commerce électronique ;

Attendu que l’adresse « e-obsèques.fr » signifie « commerce électronique d’obsèques », ce qui est l’exacte activité du site internet exploité par la société Le Passage ;

Attendu qu’en choisissant des termes intégralement descriptifs, Monsieur D. Christophe et la société Le Passage s’exposaient à retrouver les mêmes termes dans des sites concurrents sur leur activité et notamment dans les réponses dans les moteurs de recherches qui prennent en compte la requête « obsèques » pour délivrer leurs réponses ;

Attendu que compte tenu de leur choix, qui leur a évité les investissements indispensables pour donner une notoriété propre à une adresse internet non descriptive, Monsieur D. Christophe et la société Le Passage ne peuvent revendiquer une protection qui aboutirait à leur reconnaitre un monopole d’utilisation d’un terme descriptif ».

La cour d’appel de Versailles a rendu un arrêt le 17 juillet 2012 dans une affaire opposant le titulaire du nom de domaine chambres-et-literies.fr à celui de chambres-et-literie.com. Sa décision suit le droit fil des autres décisions.

En résumé :

on ne peut protéger un nom de domaine descriptif.

Le fait qu’il y ait des tiret ou non, un pluriel ou non, une extension différente ne change rien à l’absence de protection.

La seule protection est de déposer le nom de domaine qui vous intéresse et ses différentes déclinaisons :

  • singulier / pluriel
  • avec / sans tiret
  • avec lesTLD pertinents.

Soyez malins et méthodiques !

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