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Posts Tagged ‘données personnelles’

Le RGPD sonne-t-il le glas de l’email marketing ?

13 novembre, 2017 Laisser un commentaire

Il y a quelques semaines, une entreprise anglaise a renoncé à recourir aux emails marketing. Elle a pour cela effacé l’ensemble sa base de données d’e-mails clients. Volontairement. Pourquoi ?

Elle a identifié 3 risques qu’elle a jugé trop importants :

  • un risque de fuite de données personnelles ;
  • un problème de maîtrise des données personnelles ;
  • un risque financier accru.

Pour lire l’article complet sur le risque que fait courir le RGPD aux emails publicitaires.

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Données personnelles et entreprise : quelles obligations ?

10 novembre, 2017 Laisser un commentaire

J’ai commencé la rédaction de ce billet il y a dix ans, si j’en crois WordPress. À l’époque, on ne parlait pas encore du RGPD. Voici le billet enfin publié, certes un peu réécrit.

Les entreprises au premier rang desquels on trouve les e-commerçants veulent et doivent recueillir des données personnelles sur leurs visiteurs, prospects et clients. Ce type d’information étant sensible voire très sensible, la réglementation leur impose un certain formalisme pour les recueillir. Par ailleurs, mal protéger ces données peut avoir de lourdes conséquences.

Les obligations d’information sur le recueil de données personnelles

Les obligations relatives aux données personnellesLe recueil des informations sur les visiteurs, prospects et client ne peut pas se faire n’importe comment. Il est nécessaire d’obtenir l’accord de la personne pour recueillir et utiliser des informations sur elle. L’article 32 de la loi du 6 janvier 1978 prévoit d’être informé :

  • De l’identité du responsable du traitement et, le cas échéant, de celle de son représentant ;
  • De la finalité poursuivie par le traitement auquel les données sont destinées ;
  • Du caractère obligatoire ou facultatif des réponses ;
  • Des conséquences éventuelles, à son égard, d’un défaut de réponse ;
  • Des destinataires ou catégories de destinataires des données ;
  • Des droits qu’elle tient des dispositions de la section 2 du présent chapitre ;
  • Le cas échéant, des transferts de données à caractère personnel envisagés à destination d’un Etat non membre de la Communauté européenne.

Les cookies permettant de recueillir des données personnelles, il est nécessaire de prévenir les visiteurs de leur utilisation. Ce principe vaut de manière générale pour tous les moyens et toutes les informations recueillies : adresse IP, configuration de l’ordinateur… Ce formalisme est toutefois allégé si les informations sont rapidement anonymisées. Lire la suite…

Données personnelles : une infraction peut en cacher une autre

9 novembre, 2017 Laisser un commentaire

C’est un arrêt intéressant à plusieurs titres que vient de rendre la cour d’appel de Paris le 15 septembre 2017.

Les faits tels qu’ils ont été rapportés par la cour sont relativement simples. Une société a collecté massivement les données personnelles contenues dans une base de données mise en ligne par l’une de ses concurrentes.

Un tel comportement pose deux questions sur le plan juridique : qu’en est-il de l’infraction d’accès, maintien et extraction frauduleuse des données ? Qu’en est-il de l’infraction de collecte déloyale de données personnelles ?

L’accès et le maintien dans un système de traitement de données

Données personnelles

Dans le cas présent, l’infraction d’accès et de maintien dans un STAD n’a pas été retenue. En effet, il apparait que le site dont les données ont été aspirées avait laissé l’accès ouvert au public n’avait pas mis en place de protection particulière oun’avait pas manifesté sa volonté d’en restreindre l’accès. La cour dit en substance que « Il n’y a pas eu utilisation d’un mode irrégulier de pénétration dans le système de traitement automatisé de données« .

Dans la mesure où les données sont librement accessibles en ligne, l’infraction d’accès et de maintien dans le système ne peut tenir.

En revanche, il y a une infraction connexe, l’extraction frauduleuse de données. Pour la cour, cette infraction est constituée. Ce n’est pas parce que l’accès aux données est libre que l’on peut extraire les données comme on veut. C’est donc bien deux choses différentes.

La cour souligne par ailleurs que les conditions générales du site interdisent l’utilisation et l’exploitation son contenu, c’est à dire les données, sans autorisation. La cour rappelle que l’extraction a été importante : « environ 16% des données du site victime sachant que ces données ne pouvaient être extraites sans autorisation expresse« .

La question des données personnelles

Les données extraites du site ont une qualité particulière : ce sont des données personnelles et à ce titre, elles bénéficient d’un régime juridique particulier. Le RGPD ne s’applique pas encore mais l’utilisation des données personnelles est d’ores et déjà soumis à une réglementation contraignante : la loi du 6 janvier 1978.

Protégez vos données personnellesConcernant les données personnelles, la cour écrit qu »Il s’agit des adresses électroniques avec des données nominatives pouvant être tant des personnes morales que des personnes physiques« .

La cour ajoute « L’utilisation de scripts ou robots visant à collecter et sélectionner les données notamment aux fins de savoir si le client était actif ou non sur le site […] constitue un moyen déloyal et frauduleux pour avoir été recueilli à l’insu des personnes physiques titulaires des adresses électroniques« .

Il n’est pas établi comme le soutient M. X. que le site […] s’adresse à un public exclusivement professionnel pour la réservation de divers évènements à caractère plus ou moins restreint. L’adresse apparente des organisateurs n’implique pas nécessairement l’autorisation explicite de leur part d’utiliser leur adresse s’agissant des personnes physiques n’ayant pas une adresse professionnelle spécifique. Le caractère accessible de ces adresses électroniques et l’absence de plainte n’établissent pas l’acceptation expresse d’utilisation de ces adresses électroniques. Le moteur de recherche utilisé pour accéder au site importe peu« .

La cour a considéré que l’infraction de collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite prévue à l’article 228-1 du code pénal était constituée.

En revanche, il y a une question qui n’a pas été tranchée par la cour parce qu’elle n’en n’a pas été saisie : quid de l’absence de protection des données personnelles qui étaient librement accessibles en ligne ?

En effet, même si le RGPD qui impose une étude d’impact sur la vie privée n’est pas encore en vigueur, laisser librement accessibles des données personnelles n’est pas envisageable.

L’article 226-17 du code pénal prévoit ainsi que « Le fait de procéder ou de faire procéder à un traitement de données à caractère personnel sans mettre en oeuvre les mesures prescrites à l’article 34 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 précitée est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende ». Les mesures prescrites par l’article 34 de la loi du 6 janvier 1978 sont « toutes précautions utiles, au regard de la nature des données et des risques présentés par le traitement, pour préserver la sécurité des données et, notamment, empêcher qu’elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisés y aient accès« .

Il existe une solution pour vous préserver d’un tel risque : mettre les données personnelles au cœur de votre stratégie grâce au Privacy by Design.

L’arrêt de la cour d’appel de Paris est disponible sur le site de Légalis.

RGPD : des liens utiles

L’ensemble des entreprises devront d’ici quelques mois mettre en œuvre le RGPD. Voici quelques liens pour en savoir un peu plus sur cette réglementation relative à la protection des données personnelles.

L’utilisation du bouton j’aime de Facebook mieux encadré en Allemagne

16 mars, 2016 Commentaires fermés

bouton like de FacebookLe Landgericht (équivalant du tribunal de grande instance) de Düsseldorf a jugé le 9 mars 2016 (AZ: 12 O 151/15 ; pdf en allemand) que la simple inclusion du bouton Facebook Like sur un site web est illégale si le consentement des visiteurs du site n’est pas recueilli et qu’il n’y a pas d’indication sur la finalité de ce bouton.

Une pratique déloyale

Pour le tribunal, l’utilisation du bouton « j’aime » est contraire aux dispositions de la loi contre la concurrence déloyale (UWG). Une association de consommateurs avait dans un premier temps demander à plusieurs commerçants en ligne de ne  plus intégrer le bouton « j’aime » sur leurs pages sans avertir les visiteurs des conséquences en terme de recueil de données. Une des entreprises n’a pas respecté cette recommandation. Cette association a donc saisi le LG pour obtenir une injonction. Le tribunal, a notamment jugé que :

L’utilisation du plugin Facebook « Like  » sur le site web du défendeur sans qu’il n’informe les utilisateurs du site avant de soumettre leur adresse IP et la chaîne de navigateur à Facebook est illégal au sens du § 3a UWG et du § 13 TMG.

Le §3a UWG régit les pratiques commerciales déloyales. Cet article correspond, en France, à l’article L120-1 du code de la consommation.

Le §13 TMG régit quant à lui les obligations d’information des prestataires de service en ligne au sujet des données personnelles. En droit français, cette obligation d’information est prévue à l’article 32 de la loi Informatique et liberté.

Conséquences de ce jugement

Une page FacebookFacebook reçoit, automatiquement, en raison de l’intégration du boutons « j’aime » des informations sur les utilisateurs, notamment son adresse IP. Ce transfert de données personnelles se fait indépendamment du fait que les visiteurs du site est membre de Facebook ou non.

Si l’utilisateur a un compte sur Facebook et est connecté lorsqu’il visite ses informations et son activité sont liées à la page avec son profil sur Facebook  qui les stocke.

Ce mécanisme n’est, pour le tribunal, légal que si les informations recueillies sont détaillées et que l’utilisateur a donné explicitement son accord. Nul doute que beaucoup de sites allemands vont recevoir des mises en demeure de retirer le bouton « j’aime ».

Ce jugement peut encore faire l’objet d’un appel. La question de savoir si une adresse IP est une donnée personnelle n’est pas encore tranchée en Allemagne : Le Bundesgerichtshof a renvoyé l’affaire devant la Cour européenne de justice (Rs. C-582/14). La question n’est pas davantage tranchée en France.

Que doivent faire les responsables de sites web ?

Le tribunal de Düsseldorf a mis en cause l’utilisation actuelle des plug-ins sociaux. Pour se conformer à la décision du tribunal, les responsables de sites internet doivent faire en sorte que les plug-ins sociaux au rang desquels on trouve le bouton « j’aime » de Facebook ne soient activés qu’à partir du moment ou le visiteur du site a donné son accord au recueil de ses données personnelles.

Autant dire que nous n’en avons pas fini avec les bandeaux d’information sur les cookies et autres boutons sociaux qui mangent parfois une grande partie de notre écran.

Est-ce pourtant suffisant pour informer les visiteurs ? Je n’en suis pas sûr !

L’US-EU Privacy Shield remplace le Safe Harbor

3 février, 2016 Commentaires fermés

Nous avons un accord.

C’est sur Twitter que Christian Wigand, porte-parole de l’exécutif européen a annoncé que l’Union européenne et les États-Unis étaient parvenus à un accord sur le transfert des données personnelles des Européens vers les États-Unis. Cet accord a été baptisé « US-EU Privacy Shield« .

La Commission européenne avait menacé les entreprises américaines de restreindre leurs capacités à transférer des données personnelles européennes vers les États-Unis, à défaut d’un accord.

Ce nouvel accord est destiné à remplacer le Safe Harbor abrogé par la Cour de Justice de l’Union Européenne [pdf] le 6 octobre 2015.

Le G29 qui regroupe les autorités administratives européennes chargées de la protection des données, avaient donné aux institutions européennes et américaines jusqu’au 31 janvier 2016 pour « trouver des solutions juridiques et techniques » permettant un transfert sécurisé des données.

L’accord est un compromis qui permet aux Européens de protéger leurs droits sur les données tout en autorisant les entreprises américaines de les transférer. Ce transfert est possible grâce à un renforcement des obligations imposées aux entreprises américaines. Ainsi, notamment, le Department of Commerce enregistrera que les entreprises publierons leurs engagements de protection des données personnelles des Européens.

Selon Andrus Ansip, le commissaire européen en charge du numérique, « Les entreprises américaines souhaitant importer des données personnelles d’Europe devront respecter de solides obligations sur la façon dont les données personnelles seront traitées et les droits individuels garantis ».

Pour Věra Jourová, le commissaire européen en charge de la Justice a déclaré que « pour la première fois, les États-Unis ont fourni à l’Europe des assurances écrites que l’accès des pouvoirs publics […] sera soumis à des limitations claires et à des mécanismes de contrôle (…). Tout citoyen considérant que leurs données a été mal utilisée aura à sa disposition de nombreuses possibilités pour rétablir la situation« .

Les membres du G29 doivent se prononcer, aujourd’hui, 3 février, pour savoir si les engagements pris par les États-Unis dans cet accord sont suffisants au regard du droit de l’Union européenne.

Plus d’informations sur le site de l’Union européenne.

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Vidéosurveillance au travail : oui mais pas n’importe comment

4 décembre, 2015 Commentaires fermés

Le Conseil d’État a rendu il y a quelques jours un arrêt à propos de l’installation de caméras de surveillance, par un employeur, sur un lieu de travail.

Si l’installation de caméras de surveillance sur un lieu de travail n’est pas en principe interdit, cette installation ne doit pas être faite n’importe comment.

C’est ce que rappelle le Conseil d’État dans son arrêt du 18 novembre 2015 (N° 371196), confirmant une décision de la CNIL intervenue en mai 2013.

Les faits rapportés dans l’arrêt montre que l’employeur avait installé un système de vidéosurveillance.  L’une des « caméra[s] permettait de voir le poste d’une salariée et […] la n° 3 était orientée en direction d’une salle où travaillaient six personnes ; qu’à la suite de deux lettres de rappel adressées les 6 et 23 juillet 2012, le deuxième contrôle de la Commission lui a permis de constater le 15 octobre 2012, soit au-delà de l’échéance fixée par la mise en demeure du 13 avril 2012, que, si les orientations des deux caméras avaient été modifiées, la n° 3 était dirigée désormais vers le poste d’un autre salarié ; que ce n’est que lors du troisième et dernier contrôle, le 11 décembre 2012, qu’il est apparu qu’aucun salarié n’était plus sous la surveillance constante de caméras« .

L’installation de caméras de surveillance pose 3 questions juridiques :

  • la pertinence du recours à ce procédé ;
  • l’information des personnes concernées ;
  • la sécurisation des données personnelles.

Lire la suite…

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